A la loupe : Jouer avec la peur !

Pourquoi as-t-on peur ?

Jouer au Grand méchant loup, écouter des histoires qui donnent la chair de poule, on adore !
Un peu déroutant, non ? Pourtant, cela est essentiel pour grandir !

Yahoo-Peur-Enfant-150x150

Tous les enfants, à un moment où un autre, passent par la peur : peur des monstres, peur du noir, peur de se retrouver seul…

La peur fait partie de l’évolution normale dans le développement mais est source d’anxiété.
Les adultes sont aussi présents pour aider les plus jeunes à les dépasser !
Non seulement ce sentiment est utile, mais il est aussi indispensable : sans la peur, un enfant mettrait sa main dans le feu, escaladerait le balcon ou se précipiterait sur le premier chien venu !
Les peurs peuvent également être positives puisqu’elles participent à l’évolution de l’enfant. Elles l’aident à construire son identité et maîtriser son univers : grandir c’est aussi vaincre ses peurs !

Chez Guignol, c’est toujours le même scénario, les petits spectateurs poussent des hurlements, certains même se mettent à pleurer. Tous pourtant en redemandent ! Entre 3 et 4 ans, les petits aiment bien avoir des frayeurs. C’est un moyen pour eux d’apprivoiser toutes ces multiples peurs et phobies qu’ils éprouvent par ailleurs à cet âge.
Avoir peur… c’est bon pour la santé !

Et le jeu dans tout ça ? 

Le jeu est souvent un bon moyen d’apaiser ses peurs, puisqu’on va pouvoir exprimer tout ce qu’on ressent à travers le jeu. Le jeu, les histoires et les dessins sont des moyens symboliques mais efficaces qui peuvent aider l’enfant à maîtriser ses peurs en gagnant contre des méchants imaginaires. Sinon la peur (ou les autres émotions fortes comme le chagrin, la séparation, etc) peut rester en lui, informe, diffuse, et envahissante.

10442-dixit-2

Cette peur a besoin d’être apprivoisée et le jeu offre à votre enfant l’occasion de le faire. Il fait partie intégrante de sa vie. Pour son plaisir bien sûr, mais aussi parce que il exprime grâce au jeu toutes sortes d’émotions, parmi lesquelles l’angoisse et la peur ont des places privilégiées.

Entre 3 et 4 ans, il a du mal à mettre des mots sur ce qu’il ressent : en extériorisant ses peurs par le jeu, il apprend à les mettre à distance.

Ensuite les peurs d’être abandonné, perdu, rejeté, dévoré, viendront prendre le relais. Il suffit de voir les histoires que les enfants adorent. Ils aiment les monstres, les loups et les sorcières, ce sont des figures qui englobent leurs peurs diffuses.
En cherchant à se confronter à des scénarios effrayants ou angoissants, l’enfant découvre qu’il peut faire face à ses peurs, les maîtriser, bref qu’il n’est pas du tout dépassé par les événements.

Dans le jeu de cache-cache, il se confronte à l’angoisse de la séparation. Il tente ainsi de maîtriser la peur fondamentale de se retrouver seul. Autre variante : se cacher pour faire peur aux parents. Là, l’angoisse d’abandon est inversée. Quand il joue à Chat, l’enfant apprend à échapper à l’agresseur qui le prive de liberté.

Grâce à tous ces jeux, les enfants apprivoisent leurs peurs en toute sécurité. Il en va de même pour les histoires effrayantes qu’ils aiment écouter confortablement installés dans les bras de papa ou maman ! Et si jamais on a trop peur, on peut toujours dire « pouce » avant de reprendre le fil du récit. Dans le jeu, on est « tout-puissant », aucune raison d’avoir peur !

Et après ?

colodelapeur

A l’adolescence, jouer à se faire peur devient une manière de se familiariser avec une loi implacable : après la vie, il y a la mort. L’attrait des morts vivants et autres zombies se développe pour conjurer cette maudite loi. Certains, à l’adolescence, iront jusqu’à mettre volontairement leur existence en danger.

zombies_Boite

Ce plaisir de maîtrise de la peur persiste chez les adultes.

Sinon, comment expliquer ce goût pour les films d’épouvante, les manèges et trains fantômes des fêtes foraines, ou la pratique des sports à risque comme le saut à l’élastique ?

A la ludothèque, un jeu très simple, fait l’unanimité pour son côté effrayant !
Dans le jeu Croc Dog il s’agit de récupérer des os gardés par un chien féroce qui nous bondit dessus lorsqu’on manque de discrétion.
Parents et enfants se font très fréquemment des belles frayeurs avec ce jeu !
Passé l’instant de stupeur, on n’entend que des éclats de rires, et on recommence !

gu56373_6

« Combattre un chien féroce ou une armée de trolls ? Même pas peur, c’est moi le maitre du jeu ! »

Publicités